La ville et son langage des fleurs

Arras a obtenu la 4e Fleur en 2004, plus haute distinction nationale des Villes Fleuries confirmée en 2006 et 2008.
« Si nous avons obtenu trois fois la Quatrième Fleur, c’est que notre fleurissement était déjà de haut niveau », constate Thérèse Willot, adjointe aux Espaces Verts. Pour elle, « fleurir une ville, ce n’est pas seulement la rendre plus attrayante. J’ai l’impression, pense-t-elle, que ça rend les gens plus heureux ! ». 2011 sera donc une grande année pour l’évolution du fleurissement municipal, et l’élue a « apporté au projet une petite touche de féminité », reconnaît Dominique Thelliez, directeur du service. Les équipes – soixante jardiniers sur le terrain et six encadrants dans les bureaux techniques – ont planché « pour donner au fleurissement de la ville une identité à travers une thématique ».
Du premier coup d’oeil, le visiteur doit reconnaître Arras grâce à ses parterres et massifs. On ne doit pas y voir des compositions semblables à celles d’autres villes ! Sortir de l’uniformité, c’est choisir l’originalité. La Ville s’est rapprochée d’un spécialiste, Yves Gosse de Gore, dont le jardin à Séricourt, ouvert au public, a été classé « remarquable ». Il a accepté de prodiguer ses conseils en tenant compte des nouvelles normes fixées par le comité national des Villes et Villages Fleuries qui exigent un équilibre, à cinquante pour cent, entre la fleur et le décor, noté en tant que cadre de vie. Cela a permis aux créateurs arrageois de déterminer un fil conducteur. Thérèse Willot a souhaité qu’il s’agisse, notamment, du bleu d’Arras qui permettra des déclinaisons en dégradés de pastels. « Et le bleu, ajoute le directeur des Espaces Verts, c’est une couleur rare dans le monde végétal ».
Le personnel a donc suivi une formation de coloriste dans un centre reconnu, à Chaumont-sur-Loire. Le fleurissement doit aussi répondre à plusieurs motivations. « On s’adresse d’abord aux habitants, puis il s’agit de séduire le touriste, explique le responsable. Mais ça ne s’arrête pas là. Le souci du développement économique entre aussi en ligne de compte : avant de décider de s’implanter, les chefs d’entreprises regardent dans quel contexte leurs salariés vont vivre. Enfin fleurir, c’est créer du lien social, comme nous l’avons fait au square des Rosati dans un espace intergénérationnel avec une aire de pétanque et des jeux pour les enfants ».
Aujourd’hui, planter des fleurs ne suffit plus. Le fleurissement est une composante qui vient soutenir l’aménagement d’une ville par les voiries et le mobilier urbain afin de créer un cadre de vie où l’habitant se sentira dans un lieu unique pensé pour son bonheur de vivre en ville. En ville, avec leur participation au concours des balcons et maisons fleuries, et dans les quartiers, où le fleurissement du bas des immeubles se fait en concertation, les Arrageois sont d’ailleurs acteurs de cette transformation. Pour qu’Arras reste la plus belle des villes fleuries, chacun a sa petite graine à faire germer !
Claude Marneffe
Des sites remarquables
Cette nouvelle identité de la Ville Fleurie, reprenant en décoration le thème du patrimoine, se révèle déjà sur plusieurs sites. Au Poids Public, au fond de la Grand Place, les fleurs dessinent les ronces qui tournent autour des assiettes de porcelaine. Au Pont de Cité, on a repris en fer forgé la silhouette des façades et des arcades sur lesquelles se profile la végétation. Les bacs Grand’Place sont garnis de cépées de bouleau où vont « s’ébouriffer » de petites fleurs bleues. La décoration se fait aussi en rapport avec l’esprit des lieux : au rond-point Picasso, une palette, un cadre, et des végétaux taillés en forme de pinceaux.
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Arras Ville Propre0800 86 92 49
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