« The » Main Square

Le 4 juillet 2011
Culture

Plus de 100 000 festivaliers en trois jours

Avec deux campings qu’il a même fallus agrandir, le quartier de la citadelle a accueilli pendant les trois premiers jours de juillet toute une nouvelle population, celle qu’attire l’un des festivals de France désormais les plus fréquentés. Mais le centre ville n’a pas été en reste.

Un festival, c’est un univers. Vendredi 1er juillet, 15 h. Le soleil est déjà en scène sur la citadelle. Des milliers de festivaliers secouent la poussière rouge de la place d’Armes. Côté Greenroom, la seconde scène qui rivalise avec la principale en grandeur et programmation, on commence à s’attendrir dans l’herbe ou sur des chaises longues en écoutant les filles tranquilles de Warpaint. Et tout à coup, tout commence avec l’arrivée de Shaka Ponk. Un chanteur au corps peint en peau de bête, hirsute, une chanteuse à la voix redoutable, décapée. Un rock primal. Cette première journée sera dominée par des guitares qui pilonnent, du son accablant. Vient Limp Bizkit qui a inventé le hard rap, du métal minimaliste. Puis Queens of the stone age, Linkin Park et Chemical Brothers qu’on est venu revoir. Le public alterne entre les deux scènes. Sur le Green, il fallait découvrir Beady Eye, et retrouver un peu d’Oasis, et surtout la voix transcendantale de Selah Sue. Martin Solveig a électrifié la nuit.
Le samedi sera plus mélodieux, musical et instrumental avec le rock de Kaiser Chiefs qui n’effraierai pas un plateau de variétés, comme National, pour leur seule date en France, efficaces sur le public. Ils préparent l’arrivée d’Arcade Fire, que l’on attendait depuis un an, une symphonie de la mémoire rock, qui s’écoute religieusement. Il leur faut toutefois un petit échauffement avant de montrer leur incomparable suprématie, dans un aménagement scénique et lumineux qui jusqu’alors avait fait défaut à tous les groupes. Moby conclut cette seconde journée.
Et dimanche est le jour suprême. Voix frêle de PJ Harvey sur des rythmes martelés. Ambiance flottante de Portishead en noir et blanc entre la foule et le ciel. Mais, surtout, cet immense concert de Coldplay. Expression totale d’un délire musical maîtrisé porté par l’intelligence du support visuel. Le groupe est définitivement inscrit dans l’histoire du rock. Et l’on parlera du concert du Main Square comme d’une référence dans l’histoire du groupe. Le public est porté, la foule est une vague musicale. Les fans ont révisé leurs tubes et le chœur monte. Un festival, c’est un partage.


Hors scène

A quoi reconnait-on un festivalier ? A son allure déconnectée du temps, au barda qu’il trimbale sur son dos, à ses vêtements pour se protéger du plein soleil et affronter la fraîcheur des concerts nocturnes, mais, surtout, à son œil perdu sur la ville avant de venir vous demander le chemin de la citadelle !
Des 08, des 60, des 38, des Bretons et des Belges, et leurs emblématiques casse-croûtes, des crêtes et des frites, des Anglais, des Néerlandais, des Allemands, et l’on a même discuté avec un Vénézuélien qui voit le Main Square comme « the best in the world ». Depuis la gare, vendredi matin, tout ce petit monde marchait en cohorte serrée, au pas à pas impressionnant, vers le centre ville. « A dix heures du matin, ils voulaient déjà commander un repas. Nos fourneaux n’étaient pas ouverts », dit la tenancière d’une grande brasserie sur la place. Les festivaliers, sur trois jours, ont eu le temps de découvrir Arras, remontant à pieds ou en navettes depuis la citadelle pour envahir les terrasses du centre ville à l’heure du petit-déjeuner au soleil ! On échange avec les habitants, des amitiés d’un jour se forment, on envoie des cartes postales estampillées ch’ti et qu’elle est belle cette église, non c’est le beffroi classé Unesco. Tiens, si l’on restait quelques jours de plus ? Non, on reviendra pendant les vacances.
Les deux campings, sur les pelouses des Hautes Fontaines et le terrain de l’Hippodrome, ont accueilli onze mille festivaliers. « Un camping agréable, propre, bien surveillé, ce qui n’est pas toujours le cas dans ces grandes concentrations rock », dit un vieux routard ! Oui, les festivaliers étaient en ville, bien que cette année l’enclave du festival proposait un véritable village de stands commerciaux de produits de toutes origines, de l’inévitable hamburger aux spécialités exotiques. « Côté porte-monnaie, c’est intéressant en ville. Certains restaurateurs ont fait un effort en proposant des formules spéciales Main Square à des prix accessibles ».



Le rôle de la Ville

Le Main Square est une production privée d’un des plus grands organisateurs de concerts au monde, Live Nation, auquel la ville apporte un soutien logistique et matériel en lui accordant d’abord le site prestigieux de la citadelle pour un festival devenu ainsi unique en France.
La Ville a également mis à disposition les deux sites du camping, organisé navettes et parkings. Elle assure la circulation, le barriérage, met en place les chalets de billetterie, les postes de secours, les toilettes et les poubelles. Des équipes nettoient le site en permanence.
Quelques chiffres : 150 agents municipaux mobilisés chaque jour ; 2 000 barrières ; 58 projecteurs ; 3 500 mètres de câble déroulés ; 150 toilettes installées ; 14 chalets ; 65 secouristes ; 10 parkings ; plus de 400 fléchages piétons et véhicules ; 25 kilomètres de papier toilette et … 32 tonnes de déchets collectés par le Syndicat Mixte Artois Développement (SMAV) pour faire du Main Square un festival propre.

 

Cliquez ici pour découvrir la vidéo du Main Square 2011

 


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